24 heures dans les Flinders Ranges

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A cinq heures de route d’Adelaïde, un territoire de pionniers et de ruée vers l’or – les chaines de montagnes  des Flinders Ranges sont envahies par les dunes de sable rouge du désert : des paysage d’une beauté stupéfiante. On peut pousser jus qu’à Coober Pedy, chez les chercheurs d’opale, une ville décalée et déjantée, où les maisons troglodytes ont été creusées dans le roc pour échapper aux chaleurs terrifiantes de l’été (+ 45°C).

Hélène, Sabine et Aurélie, nos conseillères Australie, sont parties pour vous en repérages en South Australia. Hélène nous raconte les Flinders Ranges.

 

Waltzing Matilda, faire la route. Adelaïde, 9 heures. Un 4×4 land rover couvert de poussière rouge se gare devant notre hôtel. Un homme en sort, portant rangers, ceinture de cuir de crocodile, chapeau du bush. Je me dis « c’est pour nous ». 5 heures de route en perspective pour rejoindre les Wilpena Pound, et pourtant dès l’arrivée de Mickael, on est dans l’outback ! La soixantaine, accent rocailleux, il a passé toute se vie sur les routes des campagnes australiennes. Un pur produit du bush. La première fois qu’il est venu dans les  Flinders il y a « 4 ans, 11 mois et 17 jours », il en est tombé amoureux. Il n’en est jamais reparti.

On prend la route, donc, à travers la South Australia, on traverse la banlieue d’Adelaïde, puis des champs agricoles, blés, colzas, dorés, et, pour certains, en train d’être moissonnés ; et des pâturages, des troupeaux de moutons, des troupeaux de vaches, les Black Angus – qui sont si bonnes à manger !  Un paysage qui peut apparaître monotone, mais ponctué de petites villes – Melrose, Wilmington, Quorn – typiques de l’outback : une seule rue, quelques maisons, une épicerie-boucherie qui vend de tout, une station-essence qui fait aussi office de pharmacie – et après cette rue, de nouveau, les champs.

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Un stop à Orroroo : on déjeune au Maggie’s rendez-vous : des burgers,  énormes (nous devons les aplatir à deux mains pour pouvoir les croquer !),  trop bons, pour une dizaine de dollars. On reprend la route, des champs à nouveau, mais qui peu à peu laissent place à la poussière ocre et aux eucalyptus géants.  Quand on atteint Hawkers, la dernière ville avant le parc national des Flinders Ranges,  la terre vire au rouge. Il a plu les dernières semaines et  la végétation est verdoyante – plutôt inattendu dans cette région ! Plus on s’approche, plus on prend la (dé)mesure des Flinders – qui ne sont pas, nous explique Mickael, un cratère effondré, comme le Ngorongoro tanzanien : ce sont deux plaques tectoniques qui se sont rencontrées qui ont formé le Pound.

Survoler le Jurassique. 15 heures, nous arrivons au Wilpena Pound Resort. A peine le temps de poser nos valises : nous sommes attendues sur la piste d’envol. Nous prenons place à bord d’un petit avion 4 places. Décollage sur une piste chaotique, ça remue, ça secoue, et on prend notre envol. Une heure de magie pure. On survole la couronne rocheuse du Wilpena Pount,  et son immense plaine intérieure, couverte de végétation, les gorges, les criques. On se sent juste tout petit face à tant de beauté. Et l’impression de se retrouver dans le jurassique : si un diplodocus ou un tyrex avait surgit de quelque part, ça ne m’aurait pas étonnée !

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En contournant le pound on survole des rivières et des ruisseaux asséchés, qui serpentent sur la terre rouge. Un peu plus loin le lac Torrens, le deuxième plus grand lac salé d’Australie, après le lac Eyre, qui à nos yeux d’Européens est comme une mer intérieure. On suit les Flinders ranges, et c’est là, qu’on prend la mesure de l’immensité du paysage. Andrew nous apprend que Wilpena pound peut contenir 8 fois Ayers Rocks – ou encore l’ile de Manhattan toute entière, avec ses  2 millions d’habitants !

On traverse la chaine de montagne, on laisse Parachilna derrière nous, la Start Highway, et l’ancienne ligne de chemin de fer du Ghan, qui lui est parallèle. Or, ocre, brun, vert, on survole, un point noir sur le paysage : une ancienne mine – une marque sombre sur le territoire, plus aucune végétation,… mais c’est aussi ce qui a fait vivre la région dans le passé.

On rentre tranquillement vers notre point de départ. De nouveau des gorges, de nouveau des rivières asséchées.  Et Andrew atterrit en douceur – quelques heures au compteur sont nécessaires pour atterrir ainsi sur une piste du bush !

Privatiser le coucher de soleil. La journée n’est pas finie ! Mickael nous attend. On prend la route, et dans la plaine, des kangourous. Le soleil commence à décliner, de plus en plus de kangourous, et bientôt, ce sont des foules ! Des rouges (les plus grands, ils peuvent atteindre deux mètres !), des gris, portant leurs bébés dans leurs poches – saviez-vous que les mamans kangourous pratiquent un contrôle des naissances hyper élaboré en lien avec la gestion de leurs ressources naturelles ? En période de sécheresse, elles mettent en pause leur gestation pour retarder la mise à bas à une période plus faste ! Les récentes pluies ont visiblement provoqué un baby boom !

Nous arrivons au point de vue de Stokes Hill Lookout. Mickael prépare l’apéro : sparkling wine, charcuterie, fromages, et crackers évidemment ! Le soleil commence à décliner, pour bientôt disparaître derrière les Flinders. Une explosion de couleurs, roses, violets, bleus !

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En rentrant au Wilpena Pound Resort, on comprend pourquoi interdiction est faite de conduire de nuit en voiture de location : il faut autant de dextérité à Mickael pour conduire de nuit qu’à Andrew pour atterrir sur une piste de poussière rouge : les kangourous attirés par la lumière des phares se jettent littéralement sous les roues de notre 4×4. Mickael slalome entre les kangourous  à 20 kilomètres / heure pour éviter l’accident.

On s’installe pour la nuit dans notre safari-tente. Et le ciel blanc d’étoiles, loin, très loin, de toute pollution lumineuse.

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