Bali, surfer sur l’île des Dieux

Commentaires (2) Grands Voyages, Idées de Voyages

Cinq heures trente, sur la presqu’île de Bukit, la plage de Bingin se réveille. Une femme élégante dépose sur le sable, d’un geste lent, une offrande de fleurs, d’encens et de riz. Elle balaye les volutes comme pour mieux les mélanger à l’air déjà doux. Un chien errant s’empresse d’engloutir ce cadeau inopiné. Plus loin, deux surfeurs regardent déferler une vague parfaite, en s’étirant dans une chorégraphie synchrone. Chacun, à sa façon, remercie les Dieux de l’Océan. Les adeptes de la glisse bénissent cette île d’Indonésie centrale, qui à la saison sèche (d’avril à octobre) présente des conditions exceptionnelles de houles et de vent. Bali devient alors pour eux, une destination autant prisée qu’Hawaï l’hiver. Plus accessible en termes de coût et de niveau technique, la qualité des vagues indonésiennes n’a rien à envier à celle de La Mecque surfistique du Pacifique. En dehors de cet aspect purement sportif, « l’île des Dieux » comble surfeurs et non-surfeurs par sa culture et sa douceur de vivre. Le jour où les conditions ne sont pas bonnes (deux fois dans le mois), on décroche la planche habituellement installée sur le côté de la moto, pour une petite virée dans les terres. Visite d’Ubud, ville d’art et de bien être (indispensable massage précédé d’un gommage au sable et au yaourt et suivi d’un bain de fleurs). Puis on grimpe à travers les rizières et les hortensias bleus vers le lac Bratan pour visiter son temple et avec un peu de chance assister à une cérémonie fleurie. Il est également possible de s’offrir une virée en jet-ski sur ce lac tranquille. C’est l’un des nombreux cadeaux que l’île réserve aux familles. Oasis bouddhiste au milieu du plus grand pays musulman au monde, Bali reçoit ses visiteurs, de plus en plus nombreux, avec un sourire constant.

Des spots de renommée internationale

À trente minutes de route de Denpasar, les spots d’Uluwatu, Padang-Padang, Bingin attirent les meilleurs surfeurs de la planète, à commencer par les voisins Australiens qui ont initié la pratique sur cette île, à la fin des seventies. Aujourd’hui, le surf s’est démocratisé et représente le moteur d’une activité commerciale pour un grand nombre de Balinais. Sur la plage de Bingin (une vague réservée aux pros) Jerry et ses compagnons de fortune ont appris à réparer les planches cassées sur le corail parfois trop affleurant. À Dreamland, la plage voisine si bien nommée (crique d’ivoire et eau diabolo), les vagues cassent sur fond de sable et sont donc plus abordables. Attention néanmoins au courant ! À peine sortie d’une bonne session, quelques pas suffisent à rejoindre son ombrelle ou l’une des petites paillotes (« warungs ») pour s’offrir au choix : massage régénérant, nasi-goreng (riz frit) ou mie-goreng (nouilles sautées), jus d’ananas frais ou Bintang. Certains établissements proposent même de passer la nuit pour quelques roupies, dans des conditions spartiates mais avec la berceuse sans fausse note de l’Océan. Au sommet de la falaise, grands hôtels et luxueuses villas privées ont poussé comme les bougainvilliers et proposent une version plus confortable avec piscine à débordement, cours de yoga et golf sur fond d’Indien. Le tout à une dizaine de kilomètres seulement de Kuta, la bourdonnante station balnéaire. Là-bas, il sera facile de faire ses premiers pas sur l’eau, encadré par un spécialiste sur un « beachbreak » (fond de sable) tranquille. À la tombée de la nuit, dans la moiteur tropicale et les parfums d’encens, le son du Gamelan, instrument traditionnel, se mêle à la musique techno rebondissant de gargotes en bars branchés. Une cacophonie ethnique pleine de vie. Bienvenue à Bali !

A découvrir: Nusa Lembongan

Au large de Bali (trente minutes de bateau depuis Sanur), cette petite île vit grâce à la culture d’algues. À marée basse, les parcs se découvrent. Commence alors l’étrange ballet des « cultivateurs marins ». Hommes, femmes, enfants, tous s’acharnent pour entretenir, ramasser, fouler aux pieds ce précieux cadeau de la mer, offert par un courant froid. Il sera acheminé vers Bali pour être revendu essentiellement à l’industrie pharmaceutique japonaise. En dehors de cette activité, Nusa Lembongan tire un profit substantiel du tourisme, alimenté en grande parti par les surfeurs venus traqués des vagues parfaites et les voyageurs curieux de découvrir un Bali plus tranquille.

2 Responses to Bali, surfer sur l’île des Dieux

  1. Drivya dit :

    Un article magnifique qui donne sincèrement envie et fait qu’on s’y voit déjà!
    Merci.

  2. Tiphaine dit :

    Bel article!
    Petite mise à jour: Dreamland est malheureusement devenue « little Kuta » il y a quelque temps, avec construction de gros hotels et même discothèque au toit de verre d’où les lasers percent, la nuit. Une drôle de conversion qui jure avec le reste des plages alentour, si authentiques et aux hôtels en bambou.

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