Dans le pas des Incas…

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Au cœur de la Sierra équatorienne se niche le plus important sites inca du pays : Ingapirca. Trois jours de marche à travers la montagne permettent de rejoindre ces ruines précolombiennes. Un trek sur el camino del Inca.

Don Guido est agriculteur mais aujourd’hui il charge ses mules pour tracer un autre sillon : un chemin à travers la Sierra, sur le chemin des Incas. Un groupe d’amis, amateurs de randonnée en altitude, vient de rejoindre depuis Riobamba son village perdu : Achupallas. Dans la fraîcheur matinale, le bourg perdu à plus de 3300 mètres au cœur d’un patchwork de terre, s’éveille doucement. Sur la place centrale, les habitants des communautés voisines du volcan Chiborazo, (point culminant de l’Equateur) déballent déjà à même le sol leurs montagnes de couleurs fruitées. Après avoir avalé un “humitas”, les trekkeurs se mettent en marche.

Bien tracé, le large chemin de pierres monte à travers les dernières maisons du village. Et bientôt les toits de chaume s’évanouissent. Le groupe est vite rattrapé par deux fillettes menant leurs troupeaux au paramo, une steppe typique de l’Equateur, qui s’épanouit au-dessus de 3400 m. Elles demandent quelques “caramelitos”. Au bout d’une heure, le chemin se réduit à un fil de pierres blondes et pénètre dans l’immense vallée du Rio Cadrul. Au milieu coule un torrent tranquille. Le premier campement est installé à proximité, lorsque débarque, perché sur son âne, un jeune berger. Angel, offre son aide providentielle pour planter les tentes et échanger avec ces drôles de visiteurs.

Le lendemain, l’ascension reprend en douceur. On s’arrête plus haut, devant un petit autel de pierres. Quelques offrandes sont alors déposées à la Patcha Mama, la Terre Mère, qui déjà protégeait les messagers incas voyageant vers Cuzco, le « nombril du monde ». Nous sommes effectivement sur l’un des caminos del Inca, cet immense réseau traversant les Andes, du nord de Quito jusqu’à Talca, au sud de l’actuel Santiago du Chili. Un serpent de 22 500 km de long destiné à garantir l’unité d’un empire de 3 millions de kilomètres carrés. Étourdissant… tout comme le point culminant du trek : Loma de Tres Cruces, un col à 4 000 mètres d’altitude. Ambiance lunaire, vue à couper le souffle sur le bleu roi du lac Culebrillas. La piste, à peine visible file à travers le calcaire blanc, pour replonger dans une vallée. Les mules freinent des quatre fers dans la pente raide, mais cahin-caha rejoignent le fond d’une vallée profonde et large. Le terrain devient de plus en plus humide, nous touchons le paramo, cette fameuse steppe lacustre surnommée « matelas indien ». Il faut parfois sauter d’un îlot d’herbes touffues à un autre pour tenter de garder les pieds au sec.

Raté ! Les rires résonnent et portent les plus fourbus jusqu’aux ruines de Paredones répertoriées par l’UNESCO. A 3 900 m les nuits sont froides, le groupe poursuit donc la redescente chemin pour entrer sur une vaste plaine aux allures de savane. la piste sillonne à travers les hautes herbes pour finalement rejoindre le village de San José, premier retour à la civilisation à proximité duquel le dernier bivouac sera planté. Enfin, une courte étape permet d’atteindre Ingapirca, « le mur inca » en kichwa. Sous l’œil méfiant des lamas, les marcheurs explorent ce complexe archéologique construit et habité par la civilisation Cañari avant d’être partager avec les Incas. Un témoin muet qui raconte pourtant à travers ses pierres, nombreuses coutumes et cultes de ces civilisations. Notre route s’arrête là, sur le pas des messagers incas.

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