Hawaï, Exquises Sandwich

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Par Genevieve Brunet, journaliste et grande voyageuse

Elles incarnaient le rêve tropical dans les années 60. Elvis, Liz Taylor et Pizz Buin. Les anciennes Îles Sandwich, comme les avait baptisées le Capitaine Cook, explosent d’une nature prodigue et prodigieuse. Entre montagnes d’une folle brutalité et vallées tropicales baignées d’une infinie douceur, paysages lunaires et longues plages frangées d’écume, descendants de la vague hippie et Polynésiens tatoués, chacun peut trouver dans l’archipel son paradis sur terre.

On a tous dans l’cœur l’image d’Elvis Presley moulé d’une chemise Hawaiienne, ukulélé à la main. Le King a rendu célèbre les îles où un autre Américain, Barack Obama, a coutume aujourd’hui de passer ses vacances… Mais que l’on ne s’y trompe pas : le 50ème et dernier Etat à avoir rallié la bannière étoilée a peu de choses en commun avec son Amérique. Seul à être posé sur les tropiques, miettes de terre perdues dans l’immensité océane à six heures de vol de Los Angeles, il incarne une planète intacte et pure, une idée de commencement du monde.

Japonaises en goguette

On ne peut pas dire que l’île d’Oahu, porte d’entrée de l’archipel, soit sa meilleure ambassadrice. Adeptes de la bronzette et noctambules en pagaille : à Honolulu, des armées de Japonaises se font pardonner Pearl Harbor en dévalisant frénétiquement les boutiques. Une  halte à Waikiki, petit Copacabana, peut en revanche s’avérer utile comme sas de décompression après 24 heures de vol, pour un shopping ultra pointu d’habits de plage (jamais vu autant de maillots de bains sur un si petit périmètre) et pour  noyer son décalage horaire à coup de Maï Taï au Moana Surfrider. Sur la varangue coloniale du premier hôtel construit à Hawaï, on croise les couples middle class, lui osant invariablement  la chemisette hawaïenne reçue la veille en cadeau d’anniversaire de mariage (lâchons-nous, Hawaï est le seul endroit au monde où l’on puisse porter cet étalage fleuri sans avoir l’air trop ridicule) ; elle, couronne de fleurs en tissu posée de guingois sur la permanente peroxydée et marques émouvantes de coups de soleil sur le décolleté.

Pour vivre l’Hawaï de tous les mythes, celle que décrivait Robert Louis Stevenson sur la route de son tour du monde en 1888,  il faut partir. La poignée d’îles habitées est bien desservie par des petits avions, chacune avec son identité tranchée, son climat, ses paysages. Sauter de l’une à l’autre est facile, à condition de ne pas avoir subitement l’idée de s’attarder, voire même de n’en plus bouger, tant la vie est douce, la nature envoûtante, les Polynésiens attachants, le coup de foudre imparable.

Il y a la musique, d’abord, de l’une des plus anciennes langues vivantes au monde, toute en courbes et en ondulations. Pour se saluer tout le monde dit Aloha. Dans le « o » traînant, comme on languit le « i » de Hawai’i, tout est dit : rien d’autre ne presse que de sourire. Et puis il y a ces peaux tatouées, ces obliques roulant sur les ventres caramel des surfeurs, ces héritières des hippies des années 60 dans leurs robes fleuries… Il y a ces ciels, si purs qu’ils se livrent au plus grand observatoire d’astronomie de la planète, si changeants que l’on surnomme l’archipel le pays des arcs-en-ciel… Il y a ces terrasses au bord de l’eau où le humuhumunukunukuapuaa grillé (si,si), le poisson hawaïen à nez de cochon, circule de table en table.

L’étoffe du paradis

Pour qui veut connaître la sensation de poser le pied sur l’île la plus isolée au monde, cap sur Kauai, la plus septentrionale de l’archipel. Les nuages formés au Japon, qui ne rencontrent aucun obstacle pendant6000 km avant de venir exploser sur ses montagnes, ont ensemencé une jungle inextricable dégringolant les cônes de volcans, tapissant des vallées profondes zébrées de panaches de cascades. Un travelling de matin du monde, mais aussi le rendez-vous des happy few dela côte Ouest, une sorte de paradis perdu avec quelques beaux hôtels cachés.

L’île de Maui est le fief des surfeurs. Leurs long boards multicolores sèchent au bord des routes. On ne se lasse pas de fixer le line up de Jaws, l’une des vagues les plus folles du monde, pour s’extasier devant les incroyables ébats de ces champions de  la mécanique du fluide. Petits ports de pêche, villes de baleiniers, champs de canne à sucre : c’est l’île de charme, la plus chic, l’une des plus fréquentées. Qui résisterait au bal des baleines venues depuis l’Alaska mettre bas à quelques mètres du rivage ?

Lanai est privée mais cache deux hôtels de luxe et trois parcours de golf pour amateurs de solitude chic.

Sur Big Island, la plus grande Île de l’archipel, le Mauna Kea s’est éteint mais son petit-frère continue de touiller dans une marmite géante son magma incandescent. La tournée des cratères du Parc national des volcans et l’observation des coulées rougeoyantes qui dégueulent jusqu’à la mer sont des fantasmes pour vulcanologues. Un aperçu de l’enfer dans des îles de paradis.

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