Oui, la Colombie est bien une destination touristique !

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La Colombie est-elle vraiment un pays touristique ? La question dérange ou fait sourire. Dans tous les cas, elle ne laisse pas indifférent. L’avantage de la Colombie est que tout le monde sait, plus ou moins, qu’elle se trouve en Amérique Latine. Et pouvoir être aisément située sur une carte est le point de départ pour espérer devenir, un jour, un pays « touristique ». Or, comme nous l’avons évoqué précédemment, la Colombie a, ces derniers temps, surtout fait parler d’elle à travers son passé de guérillas, de pays trafiquant où les enlèvements se comptent par milliers, le nombre de morts par centaines de milliers, etc. Triste passé dont les médias se font encore largement l’écho.

Dès son arrivée au pouvoir en 2002, Alvaro Uribe, l’ancien président colombien, a fait de la sécurité son cheval de bataille. Les méthodes utilisées peuvent faire débat, mais les résultats sont bien là. Assimiler et réduire toute la Colombie à un pays d’insécurité ou de narcotrafic relève aujourd’hui d’une vision dépassée, pour ne pas dire ringarde. En témoignent quelques chiffres. Toutes nationalités confondues, le nombre de touristes étrangers voyageant en Colombie est passé de 1 581 000 en 2010 à 1 692 000 en 2012 (soit une augmentation de 7 %). Si l’on s’attarde sur le cas de la France, cette dernière arrive au 3èmerang des pays européens derrière l’Espagne et l’Allemagne (respectivement à 94 000 et 42 000 en 2012) avec 38 920 touristes en 2012 et au 12ème rang tous pays confondus. De 2010 à 2012, le nombre de touristes français ayant visité la Colombie est passé de 33 000 à 39 000 soit une augmentation de 18 %.

La perception qu’ont les Français de la Colombie serait-elle en train de changer ? Pour qu’un pays existe sur la « carte touristique », il faut pouvoir lui attribuer des valeurs, du caractère et le « marketer ». Certains pays d’Amérique Latine bénéficient d’une image très positive, à l’instar du Brésil. Ce dernier évoque Rio, la Bossa Nova, le surf ; il incarne le football, la capoeira, la samba, l’Amazonie, etc. Le Pérou jouit, lui aussi, d’une identité propre avec les Andes, le Machu Picchu, Cuzco, ses canyons, ses volcans, sa cuisine.

La Colombie a tout pour se forger une image digne des « grands » pays latino-américains. A son avantage, le café, Botero et Gabriel Garcia Marquez, souvent les trois seules références positives qu’ont en tête les Français à l’égard de ce pays. Mais la Colombie peut aller beaucoup plus loin et jouer sur de nombreux tableaux. Elle est le seul pays à abriter les quatre écosystèmes emblématiques de l’Amérique du Sud : les Andes, la côte Caraïbe, la Côte Pacifique et l’Amazonie. Elle compte de multiples villes et de nombreux villages coloniaux (Villa de Leyva, Barichara, Carthagène, Popayan, Mompos pour ne citer qu’eux), des sites précolombiens comme Pueblito, San Agustin, la Cité Perdue ou encore Tierradentro, des lieux dédiés aux sports en plein air comme San Gil, aux sports nautiques comme Nuqui pour le surf, Cabo de la Vela pour le kite surf, San Andrés et Providencia pour la plongée. La Cumbia, la Salsa ou encore le Vallenato sont les musiques et les danses qui la définissent. Que ce soit pour un voyage de noces, un séjour en famille, pour partir à l’aventure ou pour une simple escapade, les combinaisons d’itinéraires mettant en avant ses contrastes sont riches et variées. La Colombie fait ainsi à elle seule office de « pays continent ».

Mais pour devenir une destination phare, la Colombie doit, d’une part, redresser son image encore négative et, d’autre part, progresser sur un point clé en matière d’industrie touristique : le service. Sa qualité est encore faible, voire médiocre, dans certaines régions. La volonté du ministère du tourisme, suivi par le secteur privé, est d’en faire une destination positionnée sur le « haut de gamme », comme en témoignent les investissements en infrastructures visibles à Carthagène notamment : hôtels de luxe, hôtels boutiques, golfs, festivals de musique classique, de cinéma latino-américain… La ville cible une clientèle avec un fort pouvoir d’achat sensible à la dimension culturelle que peut offrir le pays. Or ce positionnement suppose un service exemplaire compte tenu des prix pratiqués par les opérateurs locaux.

La « carte » de la Colombie donnée par le ministère des Affaires étrangères français réduit aussi, pour des raisons diplomatiques, l’accès de ses compatriotes à certaines régions (Medellin, Cali, Popayan, le Choco). Les Tour Operateurs français travaillant de manière responsable sont dépendants de cette carte qui, même si elle a évolué de manière positive entre 2010 et 2013, peut à nouveau restreindre, voire interdire certaines parties du territoire. Il est ici intéressant de comparer cette carte avec celles des ministères des Affaires étrangères  allemand, japonais, ou  américains par exemple. Les points de vue et les commentaires sont parfois divergents…

Certes des obstacles demeurent pour permettre à la Colombie de prendre totalement son envol sur le plan touristique. Mais son potentiel, tout comme sa marge de progression, sont certains. Sans l’ombre d’un doute, l’industrie touristique sera, dans les années à venir, l’un des plus puissants moteurs de l’économie colombienne, de même que l’une des principales sources d’investissements (locaux et étrangers) pour le pays.

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Thibaud Perdrix est Directeur de destination Amérique Latine chez Voyageurs du monde (www.voyageursdumonde.fr) ; traduction : Monica Correa

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