Derniers jours : Newsha Tavakolian à la Chapelle des beaux-Arts

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Autodidacte, Newsha Tavakoliana, née à Téhéran en 1981, travaille comme photographe de presse dès l’âge de 16 ans, notamment pour le magazine féminin Zan. A 18 ans, elle couvre les révoltes étudiantes de 1999. De 2002 à 2009, elle travaille pour la presse internationale sur tous les grands conflits mondiaux, en Irak, en Syrie, au Yémen. Depuis 2009 elle se consacre à des essais davantage documentaires et artistiques. Elle est la plus jeune représentante d’une scène artistique unique dans le monde musulman.

Iran - jeune couple - Newsha Tavakolian

Newsha Tavakolian veut proposer d’autres représentations de l’Iran pays que celles habituellement véhiculées par les médias, et tente de donne à voir une société complexe : « mon travail parle de la jeunesse des classes moyennes (…) la classe moyenne est une part importante de la sociétés, mais souvent oubliée parce qu’on parle toujours soit des privilégiés soit des classes défavorisées ».

Elle présente à Paris une très belle série. Avec pour fil rouge le thème de l’album de photo familial, ses photographies mettent en scène 9 jeunes Iraniens et Iraniennes issu(e)s de la classe moyenne, membres d’une majorité silencieuse qui n’attire pas les médias. Ces portraits sont écrits selon un dispositif qui regroupe, pour chacune des personnes portraitisées, une photographie d’enfance (extraite de leurs propres albums de famille) ; un très court entretien ; des photographies de vie quotidienne, que Newsha Tavakolian a saisi au travail, en famille, ou en couple ; et un portrait-vidéo – la photographe a emmené chacun de ses modèles dans la montagne au nord de Téhéran, où elle les a filmés en plan fixe, immobiles face caméra.

Un dispositif très cadré, mais qui permet à l’artiste de nous faire partager quelque chose de l’intimité de ses modèles. A ce titre, la consultation du livre Blank Pages( ed. Kehrer) vient compléter l’exposition – on peut déplorer un accrochage un peu restrictif : le livre qui présente l’ensemble des séries, rend mieux hommage à la qualité du travail de Tavakolian.

La censure, le chômage et les frustrations engendrées par l’embargo sont évoqués plus qu’explicitement montrés. Si, avec ces portraits d’hommes et de femmes, Tavakolian, nous parle de la république islamique, son propos concerne aussi des sentiments plus universels : « les albums jaunis et les instantanés d’enfants souriants dans leurs plus beaux vêtements témoignent de nos espoirs et de nos rêves, mais ils finissent sur des pages blanches lorsque nos parents ont cessé de prendre des photos. »

L’exposition est aussi l’occasion de (re)découvrir la superbe chapelle des Beaux-Arts de Paris, où elle se tient.

Chapelle des Beaux-Arts de Paris
14 rue de Bonaparte, 75006 Paris
Jusqu’au 7 Juin 2015
Mardi au Samedi de 11h00 à 19h00

> Et pour suivre le travail de Newsha Tavakolian

www.newshatavakolian.com

instagram.com/newshatavakolian

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