Les grandes expos de l’automne dans le monde

Commentaires (1) Agenda culturel, Culture

  • ©Shadi Ghadirian, from the series Qajar, 1998
  • 2_canaletto
  • Edward Hopper, Nighthawks, 1942, Friends of American Art Collection © Art Institute of Chicago
  • El color Manuel© Alvarez-Bravo
  • Ophelia 1851-2 by Sir John Everett Millais, Bt 1829-1896
  • Trente-six vues du Mont Fuji Vent frais par matin clair © Hokusai
Par Rafael Pic, rédacteur en chef d Art Aujourd’hui info

À quoi ressemblait Venise dans sa splendeur du XVIIIe siècle lorsque toute l’Europe cultivée se pressait sous son campanile pour goûter l’ivresse de son carnaval ? C’est ce que montrent deux expositions concurrentes et simultanées consacrées à Canaletto. En solo, jusqu’au 10 février au musée Maillol à Paris, ou en duo avec Guardi, jusqu’au 14 janvier au musée Jacquemart-André.

Rien de mieux, cependant, que d’aller vérifier la véracité de ce « védutisme » sur place : jusqu’au 6 janvier, le musée Correr de Venise consacre une rétrospective de choix à Guardi.

Autant que les amateurs d’Italie, les aficionados du Japon sont servis : jusqu’au 17 mars, la Pinacothèque de Paris met en vis-à-vis Hiroshige et Van Gogh qui fut fortement marqué par le japonisme tandis que le musée Guimet présente jusqu’au 10 décembre une belle série d’estampes de Hokusai, dont la célèbre Vague. On pourra poursuivre le pèlerinage à Vienne au Leopold Museum, pour découvrir la fragile collection Hattori de peintures et de netsuke jusqu’au 4 février.
Après la Venise des doges, pas de saison sans l’Égypte des pharaons ou la Chine des empereurs, deux autres blockbusters. La première est étudiée sous les traits de la plus belle des reines, Néfertiti, du 7 décembre au 13 avril au Neues Museum de Berlin, la seconde propose une nouvelle fois ses soldats de terre cuite… mais il faudra s’enfoncer au cœur du Middle West pour les admirer au Minneapolis Institute of Art, du 28 octobre au 20 avril.

Depuis quelques années, la photographie s’est imposée sur le devant de la scène. Au Jeu de Paume, du 16 octobre au 20 janvier, le Mexique vibrant et parfois violent du XXe siècle suinte des images de Manuel Alvarez-Bravo, le grand ami de Cartier-Bresson, tandis que le monde disparu des femmes photographes juives du début du XXe siècle est évoqué à Vienne, au Jewish Museum, du 23 octobre au 3 mars.
La Saison croate à Paris jusqu’en décembre en divers lieux a un bon volet d’images fixes et le salon Paris Photo, du 15 au 18 novembre au Carrousel du Louvre, nous propulsera dans un Japon écarté entre l’archaïsme des derniers samouraïs et les expérimentations du troisième millénaire. Du 13 novembre au 7 avril au Victoria & Albert Museum de Londres, une proposition originale à fort contenu social sur la photographie du Proche-Orient permettra de tordre le cou à certaines idées reçues…

Les expositions permettent de faire des voyages que la réalité n’autorise pas toujours : ainsi, du 28 octobre au 28 janvier, se plonger dans Chypre médiéval au Musée du Louvre avec ses icônes, ses fresques et ses reliquaires d’argent, est une immersion dans le temps que ses actuelles stations balnéaires peinent à offrir…
Et découvrir à distance les merveilles d’une vallée lointaine du Nigeria ? Du 13 novembre au 27 janvier, ce monde magique de la Bénoué nous est rendu avec sculptures et masques à l’appui au musée du quai Branly, juste après un éclairage sur la peinture aborigène d’Australie, du 9 octobre au 20 janvier. On peut aussi s’enfoncer dans le Kazakhstan des steppes où l’or brillait à profusion, ou dans l’Arabie des premiers temps à la Sackler Gallery de Washington, jusqu’au 12 novembre puis du 17 novembre au 24 février.

S’il n’est pas certain que Dalí donne un reflet fidèle de l’Espagne au Centre Pompidou du 21 novembre au 25 mars, à la Tate Britain de Londres les Préraphaélites avec leurs égéries inaccessibles dans des forêts sombres évoquent bien l’Angleterre, jusqu’au 13 janvier. Edward Hopper quant à lui restitue à merveille un pan du rêve américain, un peu brisé certes, au Grand Palais du 10 octobre au 28 janvier.
L’appel de l’exotique est entendu par le musée Thyssen-Bornemisza à Madrid qui nous emmène dans les îles sur les pas de Gauguin, du 9 octobre au 13 janvier. Et si l’on veut jouer à saute-mouton avec les millénaires pour passer une saison dans l’Empire romain, il n’y a qu’à prendre le TGV jusqu’à Lyon : du 9 octobre au 7 avril aux musées gallo-romains de Fourvière et de Saint-Romain-en-Gal,  Peplum, grâce aux biscotos de Kirk Douglas et aux courbes d’Elizabeth Taylor, nous envoie pour une saison dans un pays qui n’est plus sur la carte : celui des Césars et des gladiateurs…

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One Response to Les grandes expos de l’automne dans le monde

  1. Basilio SIMOES dit :

    Quelqu’un a dit un jour : quand vous aurez vu un Hopper en vrai votre regard et votre vie seront différents. Je confirme. Foncez voir l’expo au Grand Palais.
    Bien sur les grands classiques sont là, mais on découvre aussi ses influences parisiennes aussi bien en peinture qu’en poésie et également son travail d’illustrateur et de graveur.

    Hopper c’est l’Amérique des années 20/30, une Amérique qui ne semble pas très heureuse. Il montre des personnages solitaires, enfermés dans des lieux dépouillés où ils semblent prisonniers ; allégorie sans doute de leurs vies et de leurs conditions et qu’ils semblent ne pas pouvoir fuir. Le peintre les cantonne dans des espaces non-ouverts et même les rayons de soleil viennent y mourir.

    Hopper était un véritable metteur en scène, ses compositions sont toujours minutieusement étudiées. Il a influencé de nombreux artistes comme Hitchcock. ! La prochaine fois que vous regarderez « Fenêtre sur Cour » ou « Psychose », vous remarquerez combien Hopper a peint de véritables plans de cinéma que le réalisateur à reproduit dans ses films.

    On regrette juste quelque peu l’exigüité de certains espaces : pourquoi avoir placé certaines toiles dans des recoins où l’on est obligé de se tasser et de jouer du coude pour arriver à les voir à peu près correctement ?

    Et à la fin de l’exposition on hésite à aller regarder l’autoportrait du peintre et de sa femme car on sait que c’est sa dernière œuvre et qui va bientôt mourir…

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