Veronique Durruty, des photos dans tous les sens

Commentaires (1) Nos amis voyageurs, Portraits de voyageurs

  • Bâtiments
    Bâtiments
  • Homme sur barque
    Homme sur barque
  • Dormeuse dans un train
    Dormeuse dans un train
  • Enfant faisant des bulles
    Enfant faisant des bulles
  • Famille dans al rue en Inde
    Famille dans al rue en Inde
  • Famille sur la plage
    Famille sur la plage
  • Homme lisant dans la pénombre
    Homme lisant dans la pénombre
  • Jeunes face à la mer
    Jeunes face à la mer
  • Japonaise en kimono
    Japonaise en kimono
  • Baigneurs dans la mer
    Baigneurs dans la mer
  • Montagne dans la nuit
    Montagne dans la nuit
  • Palmiers sur soleil couchant
    Palmiers sur soleil couchant
  • Perles d'Océanie
    Perles d'Océanie
  • Rue de Chine
    Rue de Chine
  • Enfants sautant dans la mer
    Enfants sautant dans la mer
  • Enfant et son vélo dans la rue
    Enfant et son vélo dans la rue
  • Village d'asie
    Village d'asie
« Je cherche à faire des photos qui parlent à tous les sens. Pas seulement à l’œil, des photos odorantes, des photos qui bruissent, qu’on a envie de caresser ».

Derrière ses grands yeux clairs, Véronique Durruty se raconte d’une voix douce comme le reflet de sa démarche artistique. Photographier le voyage par les sens et les sensations. Donner à ressentir plus que donner à voir, tel est le credo de son travail, qu’elle livre brut, sans filtre, sans retouche.
Y ajouter des illustrations, des aquarelles, des mots jetés comme autant d’émotions.
Une saveur toute féminine dont on tombe rapidement accro. Un cocon qui fait du bien, une œuvre englobante dans laquelle on vient se lover, qui nous emporte dans son propre voyage. Avec, tantôt un pinceau fin et aquarellé, tantôt un trait précis et enfantin, mêlés à des textes au rythme brut et langoureux, à l’image de ses impressions de voyage.

Véronique Durruty est inclassable. Artiste nomade, elle voyage seule, en couple ou « avec sa petite fille du vent, pour lui montrer et ne pas oublier quelle chance on a d’être nées du bon coté des hommes ».
Elle s’explique: « Je voyage pour m’émerveiller à chaque seconde de l’indestructible beauté du monde et des hommes, je voyage pour fuir et découvrir, pour me retrouver, pour rencontrer avec des sourires ceux à qui je ne peux parler et qui me donneront plus que ceux que je vois tous les jours ici. […] Et je voyage aussi, soyons francs, pour le bonheur indicible de cadrer dans mon appareil photo […], d’essayer d’inscrire les odeurs, les textures, les bruits les sensations, gratter, noter, car j’ai si peur d’oublier, et si envie de les partager avec vous, mes voyages ».

D’île en île

Couverture de "Iles"Avec cette approche sensorielle de la photographie, Véronique Durruty a réalisé une vingtaine d’ouvrages et d’expositions dans le monde. En France, on a pu apprécier ses photographies aux rencontres d’Arles et à Paris, sur les grilles du jardin du Luxembourg.
Véronique Durruty collabore régulièrement avec Voyageurs du monde depuis 2009 et dédicacera son dernier livre :
Îles, Tour du monde aléatoire
, publié aux Éditions de la Martinière le samedi 20 octobre, à partir de 15 heures, dans notre librairie à la Cité des Voyageurs à Paris.
Marin d’eau douce à l’estomac qui tourneboule en mer, l’artiste-nomade est attirée vers ces bouts d’infinis qui se conjuguent avec son regard sur la vie. Sur une île il y a tout et il n’y a rien. Elles sont brutes mais douces, lointaines mais apprivoisables. À hauteur d’enfant, Véronique a croqué des tranches de vie insulaires avec ses pinceaux, son vieil appareil photo et ses pellicules.
Ce carnet de voyage intime retrace son parcours d’île en île autour du monde, de Tahiti à la Terre de Feu, en passant par Zanzibar, Manhattan, Honshu et les Galápagos.

À lire également : Road Book, 20 ans sur les routes, publié aux Editions de la Martinière en collaboration avec Voyageurs du Monde. Regardez son interview à l’occasion de son lancement et téléchargez notre brochure Voyageurs en Polynésie, que Véronique Durruty a écrit et illustré dans sa quasi intégralité.

L’Esprit Voyageurs : Qu’est ce qui caractérise vos photos ?

V.D: J’essaie de faire des photos qui parlent à tous les sens, pas seulement à l’œil. Mais aussi des photos odorantes, qui nourrissent, qu’on a envie de caresser. J’essaie en fait de photographier le voyage par les sens et les sensations.

L’Esprit Voyageurs : Comment voyiez vous la Polynésie avant de vous y rendre ?

V.D: J’avais une image très clichée des plages paradisiaques, d’hotels de luxe.. Je n’avais aucune image des villages polynésiens de vie quotidienne polynésienne, et au final c’est cela qui m’a le plus  marqué : ce pays profondément humain avec une vraie vie, des vrais gens, des vrais sourires et un vrai accueil.

L’Esprit Voyageurs : L’accueil ?

V.D: Quand on arrive a Papeete, le seul aeroport international au monde où cela sent bon, on est accueilli par ces grands colliers de fleurs. C’est bien plus qu’un rituel pour touriste et qui font encore partis de la vie polynesienne. Puisque certains polynesiens, lors de leur retour apres un voyage a Papette sont parfois submergés et disparaissent sous les colliers de fleurs.

L’Esprit Voyageurs : Un moment à part dans une journée polynésienne ?

V.D : L’heure de la journée que je préfère en Polynésie ? L’aube, les pécheurs partent pêcher  les gens sortent, commencent a discuter, travailler. C’est un moment très agréable, il fait frais, on voit le soleil se lever, c’est toujours magnifique, cela reste mon heure préférée de la journée.

L’Esprit Voyageurs : les couleurs de la Polynésie ?

V.D : On a l’habitude de voir ces bleus turquoises dans les photos mais il y a aussi ces bleus tres profond, et puis la facon dont ces eaux reflètent la lumière et deviennent mauves, roses, violettes. Il y a aussi cette couleur  caramel de la peau des gens !

Les polynésiens ont un rapport a leur corps assez marquant pour moi en tant que photographe. Il y a aussi l’importance des tatouages… Ils aiment beaucoup être photographiés, pour moi c’était très plaisant. En même temps il y a une pudeur très importante, une retenue.

L’Esprit Voyageurs : Les pensions de famille en Polynésie ?

V.D : Ce en sont pas vraiment des hôtels  ce sont des chambres d’hotes, on y mange de la nourriture familiale et puis surtout on peut discuter avec la famille, se balader avec eux la journée. Jouer avec les enfants, on a l’impression de faire partie de la famille. C’est un moyen d’en savoir plus sur l’ile, puisque les gens qui font cela ont envie de partager et de communiquer leur amour de l’ile. Et puis c’est un moyen d’avoir des relations très différentes et beaucoup plus profondes que lors d’un séjour en hôtel classique.

Plusieurs adresses m’ont particulièrement plus, il y a notamment une, chez Norbert a Rangiroa, la nourriture est délicieuse. Le fameux poisson cru a la polynésienne. Il y a aussi le poisson à la sauce vanille et le gratin de taro qui est typique et cuisiné par la femme de Norbert. La recette du poisson cru à la chinoise, délicieuse… J’ai eu la chance de goûter certaines de ces recettes.

L’Esprit Voyageurs : Un archipel coup de cœur ?

V.D : Difficile d’avoir un coup de cœur pour un archipel, tous sont si beaux et différents.

J’ai particulièrement aimé les Marquises pour leur force, leur culture, leur paysage ,  la présence de la Mana, cet esprit magique polynésien.  J’ai beaucoup aimé a l’inverse les Tuamutu, presque l’exact contraire des marquises, on est au ras de l’eau, on a presque l’impression d’être dans un endroit qui peut s’effacer d’un moment a l’autre. Trop difficile de choisir un coup de cœur !

La langue est très chantante, avec ses r roulés, elle a quelque chose de très souriant, de très sensoriel. Si j’avais un mot à retenir ? Evidemment ce serait Maurruru, qui veut dire merci !

One Response to Veronique Durruty, des photos dans tous les sens

  1. J’avais adoré son Road Book (voir ici http://www.curieusevoyageuse.com/road-book/)… je ne pourrais être des votres ce samedi, mais me ferai un plaisir de découvrir ce livre…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.